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A bas la tyrannie!

Pour la n-ième fois,

 

Je suis athée, libertaire, un brin anarchiste, et, comme dirait mon ami diplômé de philosophie : relativiste absolue.

Il entend par là, que pour moi, tout se vaut, rien n'est grave, rien ne compte. Ou le contraire : rien ne vaut, tout est grave, tout compte.

 

Un choix de vie : ne jamais juger autrui parce que je n'accepte pas qu'on me censure moi-même.

Ne jamais donner de leçons, car je n'aime pas qu'on me la fasse.

 

Il n'y a pas de hasard : j'ai cru embrasser une profession malgré moi, parce que le concours pour être magistrat m'aurait demandé un an de préparation et que je suis une feignasse, alors qu'inconsciemment j'ai choisi la seule qui pouvait me correspondre, celle où l'on tente de convaincre, mais où l'on ne dispense pas la bonne parole.

 

Je hais les censeurs.

Je ne vais pas m'ériger en gourou.

 

Donc je ne viens pas ici pour vous expliquer la vie, ni pour me l'entendre expliquer.

 

Pour la n-ième fois,

 

Je suis paresseuse, douée et orgueilleuse.

Ça tombe bien : ça va ensemble.

 

Question fainéantise, vous ne trouverez pas mieux : même faire la gueule m'ennuie.

Ça bouffe du temps et de l'énergie, et j'ai mieux à faire.

 

Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis.

Je laisse donc chacun avoir ses humeurs, bonnes ou mauvaises, et me garde bien de les lui reprocher.

 

Donc je ne viens pas ici pour me livrer à des guerres de clochers et savoir si je parle à telle ou telle personne, en considération de ce qu'il a pu dire précédemment.

 

Pour la n-ième fois,

 

Je suis flippée, post-dépressive, boulanorexique, névrosée, à tendance psychotique, bien que mes deux psychiatres soient en mesure d'affirmer que je ne souffre d'aucune maladie mentale.

 

Je ne suis donc pas de bois et ai parfois des baisses de régime conséquentes.

Lorsque la misanthropie me gagne, je m'efface du monde pour qu'il n'ait pas à me subir.

 

Donc je ne suis pas ici pour vous fatiguer avec mes états d'âmes, mais j'estime néanmoins avoir le droit d'en avoir, et même d'écrire dessus si ça me chante.

 

Pour la n-ième fois,

 

Je suis espiègle, cynique, ironique, absurde et aimant prêter à rire (voire donner).

Je me moque de tout, de tous, partout, tout le temps.

 

Dans les deux sens, la moquerie.

Parce que je commence par moi.

 

Que faire le pitre m'amuse.

Et j'insiste sur  le verbe réfléchi.

Et aussi sur le double sens du dernier mot de la phrase précédente.

 

Je chatouille les autres et me chatouille pour vérifier que nous sommes vivants.

 

Je ne crains rien tant que l'ennui.

 

Donc je ne suis pas là pour sombrer dans la morosité ambiante.

 

Pour la n-ième fois,

 

L'ambiance de Bloggland me soûle ces derniers temps.

 

Pas Bloggland : j'aime l'idée de cet îlot de liberté dans le grand consumérisme du net.

Laurent et Thomas sont à mon sens parmi les derniers aventuriers de la toile. Des révolutionnaires. Des anarchistes. Des utopistes.

Je les aime pour leur liberté, pour le mal qu'ils se donnent pour nous la faire partager, et pour leur bienveillante discrétion.

 

Pas non plus les bloggueurs : je l'ai dit et répété, je les aime tous, tels qu'ils sont, ou paraissent, ou veulent être... Je me fiche de la réalité. Je les aime dans leur virtualité et ça me suffit.

 

Mais l'ambiance : oui.

 

Au secours !

 

Je croyais qu'on avait réglé ces problèmes de mythomanie probable lorsqu'Alchy l'avait évoquée.

Je croyais qu'on avait réglé ces problèmes de liberté de ton et de sens de chacun lorsque Sombre Univers nous l'avait reprochée.

Je croyais qu'on avait réglé ces problèmes de popularité cherchée ou fuie, lorsque le blogtraffic avait disparu.

Je croyais qu'on avait fait de ce village le village idéal.

 

Hélas, il a fallu que la princesse du village, la Princesse au Petit Pois, décide de nous régler nos comptes.

 

Chacun en a pris pour son grade.

Et comme elle est puissante, chacun s'est plié à sa loi, et s'est remis en question.

 

Sélène s'est sentie obligée de nous livrer le maximum d'informations sur sa vie réelle, au risque de se faire reconnaître.

 

NaB s'excuse presque d'écrire ce qu'il pense sur son propre blog.

 

Tschok s'impose une pénitence pour avoir été impertinent.

 

Dulcineia fuit tout commentaire qui pourrait paraître désobligeant, de peur qu'une guerre n'éclate.

 

Et j'en passe.

 

La princesse a foutu la merde au royaume : les sujets n'osent plus parler.

 

Je le sais : j'en ai fait les frais.

 

J'ai tenté de rester le fou du Roi, de faire la folle.

 

Relativiste absolue, je l'ai laissé faire sa révérence sans la supplier de rester, et je me suis amusée de ses reproches : quoi ? On oserait être aimables les uns envers les autres ! Sacrilège ! Détestons-nous ! Quoi ? On oserait ne pas décliner son identité en entrant ici et ne pas tout dire, même l'inintéressant ! Cachotteries !

 

Au cachot les gens libres d'esprit !

 

Prisonniers politiques, pour avoir osé profiter de la liberté que la princesse chérissait tant.

 

La Terreur est instaurée.

 

Plus un commentaire de travers.

 

Que des posts de justification.

 

Et politiquement corrects de préférence : faudrait voir à ne pas se faire taxer d'orgueilleux ou de cynique.

 

Faudrait voir à ne pas trop dire ce qu'on pense pour peu que notre « public » le prenne mal et nous boude.

 

Faudrait voir à préserver le consensualisme pour s'attacher des lecteurs.

 

Hélas !

Je ne suis pas là pour ça non plus.

 

Je me suis expliquée mille fois là-dessus : la popularité m'ennuie.

Elle est un frein à ma créativité.

 

Et je n'écris pas pour les autres, mais pour moi.

 

J'en ai besoin. J'en ai toujours eu besoin.

 

Je vis dans un capharnaüm de papiers, carnets, disquettes, cd sur lesquels sont portées mes notes, mes ébauches, mes nouvelles, mes esquisses, mes réflexions, riches ou pauvres, mes écrits.

 

Je ne peux vivre sans le langage, bien que je sois souvent mutique.

 

Je poursuis perpétuellement un dialogue intérieur (non je ne suis pas psychotique).

 

J'en écris des bribes.

 

Je relève des citations.

 

Je lis. Tout. Y compris vous.

 

Je bouffe des phrases, des lettres, des mots.

 

Pas le choix : c'est une drogue.

 

Pas de but : rien à faire de l'orgueil, du nombrilisme, du public, des lecteurs...

Ce n'est pas pour les satisfaire que j'écris, mais pour me satisfaire.

Et ce n'est pas une mince affaire.

 

Mais, fidèle à mon principe : ma liberté est en libre-accès.

Chacun peut lire, commenter, aimer ou détester.

Pourvu qu'il me laisse la liberté réciproque : le lire et lui répondre.

 

Alors cette ambiance... Je la trouve anxiogène.

 

Où est la liberté de ton que j'ai trouvée en entrant ?

 

Je ne jette la pierre à personne : je ne juge pas.

Je prends juste acte : je m'ennuie depuis « les événements ».

 

Et comme je ne crains rien tant que l'ennui, je m'en retourne à mes activités solitaires.

J'ai longtemps eu l'habitude de m'amuser seule.

Je peux encore le faire.

 

Je ne boude donc pas : je cherche juste un vent de liberté.

 

Qui ne souffle plus ici.

 

Je ne voudrais pas que mes soupirs le remplacent.

 

 

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